Stromboli



L’homme habite sur cette terre noire et moite, de feu et de vent au parfum salé que le soleil ne parvient pas à dessécher. La poussière rend l’air  abrasif, et use autant les murs des maisons de San Vicenzo que ma respiration. Les hommes y ont pourtant construit des maisons aussi blanches que les nuages, qui éclatent de lumière sur cette terre sombre. Ils y ont fait vivre des jardins de sucre aux couleurs saturées de milles nuances fleuries. Les parfums suaves des lauriers, des bougainvilliers, des ibiscus et du jasmin, le soir venu s’échappent pour envahir les ruelles. Comme un défi à cette terre sauvage, ils y ont construit un paradis de lumière et de douceur sur une montagne de lave et d’obsidienne.

En quittant l’île le long de la « sciara d’u fuocu » (flot de feu) je regarde les roches brulantes crachées par le cratère rouler en laissant derrière elles un long sillon de poussière que le vend suspend.  Elles plongent pour s’éteindre et disparaitre dans l’eau sombre. En surface quelques cailloux flottent et dérivent vers le large.

7 commentaires:

  1. jolie spontaneité

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  2. Merci Hervé pour avoir si bien traduit ce que nous avons ressenti au cours de ce périple magnifique ! Dommage que tu nous aies quitté a Syracuse car le retour sur la France s'est fait dans des conditions de mer et de vents contraires , des éléments déchaînés , très durs à affronter mais d'une beauté extraordinaire , j'en aurai que des photos à te montrer!!
    Toujours le respect de ces éléments que tu ne peux dominer , du stress , mais quel bonheur d'arriver à bon port , une seule envie , repartir .............Ce soir , c'est 35noeuds de vent sous la Revelatta , tu dois t'en rappeler , c'est la que nous étions arrivé après ta première traversée , le lendemain nous forcions l'entrée du port de Calvi!!! les 2 ancres vont tenir , on a que ça cette nuit pour nous accrocher à ....
    je te souhaite une nuit sereine, je ne serai pas réveillé par le bruit de la bouilloire ni l'odeur du café !!!

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    1. Désolé Capitaine pour mes bruits et mes odeurs de petits déjeuners très matinaux, mais quel bonheur de se baigner à l'aube et voir les premiers rayons percer la surface de l'eau pour plonger dans le bleu, parmi les innombrables poissons qui éclatent de couleur.
      Merci pour ce voyage et aussi d'évoquer ce souvenir de Calvi.

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  3. merci de nous être revenu laissant les éléments se déchaîner derrière toi... Puisque tu les aurais eus à l'aller ...bon retour sur terre ferme ..ou l'odeur du café est la même!!!dile

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  4. Pendant longtemps le Stromboli a évoqué, pour moi, le personnage épidermique et tonitruant
    du montreur de marionnette du dessin animé ‘Pinochio’. Il n’en est rien ...

    Je n’avais pas idée de la majesté de ce géant, exhalant, à des moments choisis par lui seul,
    fumées sombres le jour et gerbes d’étincelles multicolores la nuit
    Le seul commun, c’est qu’ils ‘grondent’… pulsations venant des entrailles de la terre,
    nous rappelant ainsi que nous ne sommes que des marionnettes à la merci de l’Univers
    pouvant nous anéantir s’il se sent en colère.

    Une tendresse particulière pour le Strombolicchio , qui, selon la légende,
    serait le sommet du volcan, projeté au milieu de la mer durant une violente éruption.
    Sentinelle fidèle, il regarde à distance, avec respect et envie, son voisin fumer.

    Merci Hervé, de raviver avec sensibilité, de belles images de mon passé…

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    1. Nous en sommes des "enfants" et non les marionnettes. On doit à la nature la sensibilité qui nous donne la possibilité d'en contempler la beauté dans ce quelle a de plus puissante, cruelle mais doux aussi. En nous ramenant à notre condition d'humain on se trouve quelque peut dépourvu, mais à la source.
      Si tu aimes les volcans quelques beaux évènements sont à prévoir en Islande.
      Merci !

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