Cormoran (1)




Me voilà arrivé sur la presqu'île de Saint Mandrier. Echoué à l'embarcadère de l'isthme au milieu du désordre calamiteux de ces cotes oubliées mais trop proches de la ville. Ferrailles rouillées, vielles coques brisées, filets noués et déchirés, et tous ces innombrables vestiges  usés jusqu'à n'être que miettes, s'y empilent. Un méandre d'objets abandonnés dont on ne sait si quelqu'un en connaît encore l'usage.
Un cormoran m'accueille les ailes déployées en cintre tremblant sous la bise fraîche qui caresse ce matin de mars le rive. J'aurai donc un compagnon pour attendre que mon ami vienne me recueillir avec son bateau.
Il tourne son regard inquiet vers ma direction, tourmenté à l'idée que je puisse m'approcher de lui alors que pour rien au monde il abandonnerait cette place perchée sur le zéphyr dans un bain de soleil bienfaisant.
"Qui est cet étrange personnage si calmement posé qui observe et trace sur un carnet d'étranges traits de couleur ?"
N'ai crainte cormoran, mes pinceaux sont inoffensifs. Je suis là comme toi, profitant du bienfait du temps qui passe, qui lave et me dit doucement qu'il est bon que la vie ne soie pas routinière.

8 commentaires:

  1. Que de choses à découvrir en repassant par ici ! Merci de nous montrer tout ça !
    Bises bretonnes

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    1. Serais ce l’embrun et ses parfums de mer qui te font lever le nez ?
      Merci pour ce salut breton

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  2. Il en est des animaux comme des hommes : au hasard de nos vies, nous faisons des rencontres. Compagnons de voyage de quelques heures : un petit écureuil sur le bord du grand canyon avec qui nous partagerons notre pique nique, là un chat sur l’île grecque de Pathos avec qui nous échangerons forces câlins, un chien qui tirera le traineau de ma fille pendant plusieurs heures et avec qui elle se roulera dans la neige à l’issue de la randonnée… Moments courts et intenses qui, par leur exception, laissent une trace indélébile dans nos mémoires.
    Ou compagnons d’une grande tranche de vie comme le sont nos animaux familiers : joyeux quand nous sommes joyeux, inquiet lorsque nous sommes inquiets et très présents et attentifs lorsque nous sommes triste.
    Il en est des animaux comme des hommes nous faisons des rencontres : certaines seront brèves et spontanées, d’autres construites et fiables dans la durée. Mais, bien souvent, nul n’en connait à l’avance la portée….
    E.

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    1. Waouh !
      Cela m'invite à promettre de ne plus jamais être la tortue. Ce survivant si inoffensif à la carapace si dure après des années que l'on arrive plus à en soulever un coin. Me voilà bien nu, mais déjà moins lourd :-)

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  3. moi bien moins poetique je vais provoquer en disant que le cormoran attendait que tu ouvres ta musette
    parce que ras le bol du poisson; et quelques miettes de blé ça change.................PARDON hervé
    mais j'ai envie de sourire avec le soleil
    bises dile

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    1. Ma musette était bien vide.
      Tu verras que c'est autre chose qu'il a avalé, et le soleil n'y peut rien.
      Merci pour ce sourire.

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    2. Le temps que je me rase et tu es revenu avec ce cormoran croqué à merveille .... 4 minutes montre en main !!!!
      L'INSOLITE PH

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    3. Bienvenu Capitaine à bord du blog. Je devrai dire beau capitaine toujours rasé au plus près.

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