La juste dimension


La neige glisse,  je glisse dans la poudre froide, pénètre le silence de la vallée abandonnée au froid de l’hiver. Si la nature offre à contempler sa beauté, il faut en payer le risque. Sa puissance nous écrase par tant d’espaces indifférents. Toute erreur peut y être fatale, et les exigences des lieux parfois nous échappent. Tout d’abord il y a la trace à faire, et au bout de cette trace le refuge, son poêle et ses couvertures. Entre il y a le temps qui passe, le temps qui change et la neige qui menace. Ne pas se blesser, ne pas se perdre, apprécier le risque et arriver avant la nuit et la tempête. Peut-on imaginer autant de risques en un lieux si beau et si doux. Cette pente offerte au soleil qui scintille de milles étoiles de lumière peut très bien se décharger de son poids de neige et faire disparaitre du monde l’existence de mon passage. En montagne les lois sont élémentaires. Rien n’est superflu, tout est indispensable, vital. J’aurai soif, j’aurai froid et la fatigue me gagnera. Le doute aussi parfois m’accompagnera. Mais la nature me récompensera, de ces éclats de vie merveilleux qu’elle sait offrir à qui se donne la peine. Un rayon transperce la forêt de mélèzes et caresse mes joues brulées par l’air glacial. C’est un prix qui offre sa valeur à l’existence. Car il s’agit bien de cela, le sentiment d’exister à sa juste dimension.


1 commentaire:

  1. C'est très beau, on s'y croirait, et comme tu as l'air d'être libre... j'ai hâte de voir quelques photos et les oeuvres qui en naîtront... bonne année, bonnes randonnées, belles expériences... j'envie ces images qui resteront à jamais gravées dans ta mémoire.... je t'embrasse...

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